La lavande aspic (Lavandula latifolia) est une lavande méditerranéenne au parfum plus “frais” et plus camphré que la lavande vraie. On l’aime pour son caractère, sa présence olfactive… et parce qu’elle ne ressemble pas du tout à ce qu’on imagine quand on pense “lavande de grand-mère”.
Comme beaucoup de plantes aromatiques, elle se décline en plusieurs formes : sommités fleuries (plante sèche), hydrolat, huile essentielle. Et c’est justement là que ça devient intéressant : la même plante, mais des usages et des précautions très différents selon la forme.
Carte d’identité botanique
Nom latin : Lavandula latifolia Medik.
Famille botanique : Lamiaceae (Lamiacées)
Noms communs : lavande aspic, lavande à larges feuilles, “spike lavender” (anglais)
Parties utilisées : principalement les sommités fleuries (fleurs + haut des tiges)
Origine / aire native (référence botanique) : Espagne → nord de l’Italie
À connaître : la lavande aspic est aussi associée au nom Lavandula spica dans certains contextes d’ingrédients cosmétiques (synonymie historique).
À ne pas confondre : lavande aspic, lavande vraie, lavandin
On mélange souvent ces trois-là, alors qu’elles n’ont pas le même profil.
Lavande vraie : Lavandula angustifolia (plus “doux”, souvent plus recherché en parfumerie).
Lavande aspic : Lavandula latifolia (plus camphrée / plus “vive”).
Lavandin : hybride naturel/cultivé (L. angustifolia × L. latifolia)
Description botanique
La lavande aspic est un petit arbrisseau (sous-arbrisseau) typique des paysages secs et ensoleillés. Elle est robuste, frugale, très aromatique… et c’est souvent son odeur qui la trahit avant même qu’on la voie.
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Port : touffe ligneuse, compacte
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Feuilles : plus larges que la lavande vraie (d’où latifolia)
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Fleurs : épis mauves, très visités par les insectes
(La fiche botanique de référence pour l’aire native et le statut accepté est celle de Kew/POWO.)
Ce qui change tout : la composition (et donc l’odeur)
La science décrit très bien un point clé : l’huile essentielle de lavande aspic est souvent dominée par 3 molécules qui “font” son identité olfactive : 1,8-cinéole, linalol et camphre.
Dans une étude sur des populations sauvages (Espagne), les auteurs indiquent que ces composés peuvent représenter une grande partie du total, et donnent même un ordre d’idée moyen : 1,8-cinéole ~36,6%, linalol ~26,7%, camphre ~17,1%(moyennes rapportées dans leur jeu de données).
À retenir : cette “signature” explique pourquoi la lavande aspic sent plus camphrée / fraîche / herbacée que la lavande vraie.
Les différentes formes d’utilisation
Sommités fleuries séchées
Comment on les obtient
On récolte les sommités fleuries en période de floraison, puis on les fait sécher à l’abri du soleil, dans un endroit sec et ventilé. Objectif : préserver l’odeur et éviter l’humidité.
Usages simples (non médicaux)
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Sachets parfumés pour le linge
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Pot-pourri
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Décoration (bouquets secs)
Niveau de prudence : faible (hors allergies), car on n’est pas sur un extrait concentré.
Hydrolat (eau florale) de lavande aspic
Comment il est obtenu
Un hydrolat est la phase aqueuse issue d’une distillation à la vapeur d’eau d’une plante aromatique. La définition “pharmacopée” (et les procédés principaux) sont rappelés par la DGCCRF.
À quoi s’attendre (odeur + usage cosmétique)
L’hydrolat porte une empreinte aromatique plus douce que l’huile essentielle, mais la lavande aspic garde souvent un fond plus tonique / camphré que d’autres hydrolats de lavande.
Usages cosmétiques fréquents (sans promesse médicale) :
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Brume après la toilette (peau du visage ou du corps)
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Lotion “fraîcheur” estivale (nuque, jambes, pieds)
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Phase aqueuse pour préparations DIY (en respectant l’hygiène et la conservation)
Conservation
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Flacon propre, idéalement opaque
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Au frais après ouverture
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Jeter si l’odeur change franchement, si l’aspect devient trouble ou si un dépôt suspect apparaît
Huile essentielle de lavande aspic
Comment elle est obtenue
C’est un extrait très concentré. La DGCCRF rappelle que les huiles essentielles sont des concentrés actifs et qu’elles peuvent être dangereuses si mal utilisées.
Côté ingrédients cosmétiques, la base européenne CosIng décrit “Lavandula spica (syn. Lavandula latifolia) herb oil” comme une huile essentielle distillée des parties fleuries.
Ce que dit la science (sans sur-vendre)
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La composition dominante (1,8-cinéole / linalol / camphre) est bien documentée et varie selon l’origine et les conditions de culture.
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Des travaux expérimentaux explorent des activités biologiques (ex : antimicrobien) en laboratoire, mais cela ne permet pas d’en faire une promesse “anti-infection” chez l’humain.
Précautions importantes (à lire vraiment)
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Ne pas appliquer pure sur la peau (risque d’irritation/sensibilisation).
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Attention aux allergènes de parfum : en cosmétique, certains allergènes doivent être déclarés selon les règles européennes de parfum (mise à jour par le règlement (UE) 2023/1545).
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Tenir hors de portée des enfants : la présence possible de camphre dans certaines huiles essentielles pose un vrai sujet de toxicité en cas d’ingestion. Des recommandations médicales existent sur les expositions au camphre (toxicologie).
Ce que dit la science
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Identité botanique et aire native : bien établies (référence Kew/POWO).
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Le profil aromatique de l’HE est fortement structuré par 1,8-cinéole, linalol et camphre, avec une variabilité géographique et environnementale.
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Les usages “bien-être / cosmétique” relèvent surtout d’un cadre traditionnel et sensoriel. Pour la France, les autorités rappellent qu’on ne doit pas présenter une huile essentielle grand public comme capable de prévenir/traiter une maladie (sinon on bascule dans le médicament “par présentation”).
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[S1] Kew Science – Plants of the World Online (POWO), “Lavandula latifolia Medik.” (consulté le 09/01/2026)
https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:449051-1
[S2] European Commission – CosIng (base officielle ingrédients cosmétiques), “Lavandula Spica Herb Oil” (syn. Lavandula latifolia) (consulté le 09/01/2026)
https://ec.europa.eu/growth/tools-databases/cosing/details/40372
[S3] Fernández-Sestelo M. et al., 2020, Agriculture (MDPI), “Environmental Effects on Yield and Composition of Essential Oil in Wild Populations of Spike Lavender (Lavandula latifolia Medik.)”
https://www.mdpi.com/2077-0472/10/12/626
[S4] Agence européenne des médicaments (EMA/HMPC), 2012, “Final assessment report on Lavandula angustifolia Miller, aetheroleum and flos” (lavande vraie – comparaison utile)
https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-report/final-assessment-report-lavandula-angustifolia-miller-aetheroleum-and-lavandula-angustifolia-miller-flos_en.pdf
[S5] DGCCRF (Ministère de l’Économie), “Huiles essentielles – Conseils pour les utiliser en toute sécurité” (définition, précautions, cadre de présentation)
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/documentation/publications/depliants/huiles-essentielles-depliant.pdf
[S6] Règlement (UE) 2023/1545 (EUR-Lex), 26/07/2023, étiquetage des allergènes de parfum en cosmétique
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32023R1545
[S7] Manoguerra A.S. et al., 2006, Clinical Toxicology, “Camphor poisoning: an evidence-based practice guideline…” (fiche PubMed)
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16809137/
[S8] Royal Children’s Hospital Melbourne, “Camphor poisoning – Clinical Practice Guideline” (toxicité, délais, doses)
https://www.rch.org.au/clinicalguide/guideline_index/Camphor_poisoning/
[S9] Kew Science – POWO, “Lavandula × intermedia … (L. angustifolia × L. latifolia)” (lavandin = hybride)
https://powo.science.kew.org/taxon/urn:lsid:ipni.org:names:449048-1